SAINT SORNIN

d'après Charles CONNOUË 


SAINT-SORNIN Commune du. Canton de MARENNES

(à 12 kilomètres à l'Est de Marennes et à 29 kilomètres de Saintes)

Saint-Sornin s'appelait autrefois, Saint-Saturnrin-de-Marennes, puis Saint-Sorlin.

SAINT SORNIN EN SAINTONGE

Le village occupait alors une île ou plus exactement une longue chaussée, coupée de place en place par des " pas" et que l'océan baignait au Nord et au Sud. D'un côté ses habitants apercevaient par dessus 8 kilomètres d'eau, La côte de Mornac et de Chaillevette , de l'autre un vaste chenal, large d'une demi-lieue, les séparait de la localité la plus proche, BROUE.


La tour de BROUE

Le donjon de PONS contemporain de celui de BROUE.

Dès le VIe siècle, Saint-Sornin était paroisse. Broue également qui, au temps de sa prospérité eut jusqu'à deux églises (Saint-Pierre et Saint-Eutrope). Toutes les deux ont disparu. L'ancienne et réelle importance de cette région, le PORTUS SANTONUS des Romains, n'est plus attestée aujourd'hui que par les ruines de l'antique Tour de Broue, qui domine encore ce vaste horizon de marais.(Remarque: les fouilles du moulin du FA près de Talmont sur Gironde ont révélées un site portuaire d'une grande ampleur et certains y voient le PORTUS SANTONUS.  BROUE fut néanmoins  un port d'exportation de sel et source de richesse à protéger) Construite au XIIe siècle, mais succédant alors à un donjon de bois, cette tour s'élève, en sentinelle avancée, sur une motte artificielle de 25 mètres de hauteur et commandait toute l'immense baie ou plus tard devait apparaître BROUAGE. Son chenal était accessible aux plus gros vaisseaux et a ses murailles mêmes venaient s'amarrer des bateaux de 40 tonneaux.

Broue eut une existence agitée. Plusieurs fois prise et reprise par les Anglais, elle ne fut définitivement libérée par Duguesclin, qu'en 1372 , mais alors le retrait de la mer détermina son rapide déclin. Aujourd'hui, la Tour de Broue n'est plus qu'une ruine et la paroisse du même nom, qu'un souvenir.


Le vieux puit à St SORNIN

Le puit de St SORNIN

Saint-Sornin, bâtie près d'une ville gallo-romaine fréquentée était jadis un bourg très peuplé. Son église actuelle ne serait qu'une réduction dans toutes ses dimensions, de l'édifice qu'elle a remplacé, lequel remontait, dit-on aux temps carolingiens ou mérovingiens. Donnée au XIe siècle par Geoffroy Martel, duc d'Aquitaine et comte de Saintonge, à l'abbaye-aux-Dames de Saintes, puis rebâtie au plus tard cent ans après, avec utilisation de parties anciennes, elle a par la suite maintes fois changé d'aspect et n'a conservé que des vestiges de sa construction antérieure ; des restaurations successives les ayant fait disparaître presque toutes. Il en reste cependant assez pour faire de Saint-Sornin (avec Mornac, sa voisine) une des églises les plus intéressantes de la Saintonge au point de vue archéologique. Le fait est d'autant plus remarquable que ces deux bourgs sont situés au centre d'une région bouleversée au Moyen Age et qu'ils ont plus que beaucoup d'autres souffert des guerres de Cent ans et de Religion.

La façade occidentale de l'église de Saint-Sornin coupe dans son milieu même l'ancienne nef amputée de deux travées.

plan avec endroit des fouilles

Elle ne comporte qu'un petit portail ogival à moulures prismatiques et une grande fenêtre à cintre brisé nue. Sur la gauche se voie un arc du collatéral enrobé dans la maçonnerie. Les murs de la nef sont nus également mais il paraissent être antérieurs au XIIe siècle.

SAINT SORNIN EN SAINTONGE

A celui du Nord est accolée une tour d'escalier qui dessert le massif clocher carré bâti au XIVe siècle pour remplacer un clocher roman vraisemblablement plus orné. Le troisième étage de cette sobre construction ne présente que deux longues fenêtres tréflées sur chacune de ses faces.

Le transept voisin tronqué et qui porte encore des traces très visibles des derniers remaniements est, comme le chœur et l'abside à chevet plat, percé de vastes ouvertures ogivales sans meneaux , oeuvres du XVIe siècle.

Noyés dans la construction, s'aperçoivent ici un arc d'une ancienne porte communiquant jadis avec les bâtiments d'un prieuré disparu ; là, sous forme de débris de sculptures ou de marguerites à quatre branches, des remplois de l'église détruite.

En définitive cet édifice très modifié n'a plus de plan bien précis, son aspect extérieur n'est ni très remarquable, ni très attachant et sa façade offre bien peu d'intérêt.

Cependant sa visite laisse un souvenir inhabituel et un curieux des choses du passé peut y faire plus qu'ailleurs une abondante moisson. Le visiteur qui franchit le seuil de la nef a l'impression de pénétrer dans un mystérieux asile où tout un monde révolu et très vieux se serait brusquement figé (Ce n'est plus le cas suite à une restauration exemplaire).

Beaucoup d'églises font penser à des retraites secrètes et même un peu défendues, peu produisent sur l'esprit une impression aussi vive et surtout aussi durable que Saint-Sornin. 

SAINT SORNIN EN SAINTONGE

La nef est basse et paraît étroite malgré ses deux collatéraux. Ses voûtes de pierre en berceau s'appuient sur des doubleaux portés, ainsi que les arcs des baies transversales, par des colonnes cylindriques trapues, enfoncées dans le sol (celui-ci a été rehaussé de 1 m. 10) et, adossées à des pilastres carrés dont deux des faces sont ornées à très faible hauteur de gros chapiteaux mutilés, mais très curieux .

D'autres colonnes ont été arasées. Le sol est dallé de plaques funéraires a dit un chroniqueur.

De rares fenêtres extrêmement étroites percent les murs. Sur les bas-côtés, les travées sont délimitées par des petits pilastres peu saillants, coupés seulement d'une imposte qui se prolonge en corniche. De cet ensemble sombre et resserré « plus ancien, d'après Bourricaud, que la crypte de Saint-Eutrope, qu'il aurait Inspirée » se dégage un profond cachet d'archaïsme. Les bras du transept ou ce qui en reste, sont voûtés en berceau.

la coupole

Son carré est recouvert d'une coupole octogonale sur trompes, qui, disposition peut-être unique en Saintonge, est portée par huit grosses nervures appuyées sur huit chapiteaux travaillés surmontant des têtes de colonnes.

SAINT SORNIN EN SAINTONGE

Les massifs piliers sur lesquels s'élève le clocher sont eux-mêmes terminés 

SAINT SORNIN EN SAINTONGE

SAINT SORNIN EN SAINTONGE


SAINT SORNIN EN SAINTONGE

SAINT SORNIN EN SAINTONGE


par de beaux chapiteaux bien décorés d'entrelacs, de rubans, de motifs végétaux et de scènes bibliques. (Un Daniel dans la fosse aux lions). A noter que tout ce qui dans l'ornementation pouvait ressembler à des fleurs de lis, par exemple des végétaux à trois feuilles, a été soigneusement martelé.

le choeur

Le chœur et l'abside, d'une tout autre époque, sont couverts de voûtes ogivales en pierre dont les nervures retombent sur des consoles. A gauche du choeur un arc ressemblant à un enfeu est simplement le cintre d'une ancienne porte.

A droite une baie basse percée en biais donne accès à une chapelle (anciennement seigneuriale) qui forme absidiole sur le croisillon Sud. La petite salle servant de sacristie est voûtée en ogive comme le chevet.

Dans beaucoup d'églises des régions côtières, des vaisseaux miniatures, souvent fort anciens sont pendus à la voûte

Ici le vaisseau est remplacé par une petite charrue. En 1886, trois panneaux d'antiques peintures murales furent mis à jour de chaque côté de l'autel. Deux représentaient des évêques avec crosse et mitre , l'autre un pape portant la croix à trois barres. Il n'en reste plus que d'imperceptibles traces.

L'église de Saint-Sornin, dédiée à Saint-Saturnin, a été inscrite aux Monuments Historiques, le 8 Mars 1923.

___Fin du texte de Charles CONNOUË______________________________________________________

Les églises de la SAINTONGE  (livre 1 épuisé)

édition: R.DELAVAUD (Saintes)_________ avec leur aimable permission____________

Complément:

L'église de Saint-Sornin a été restaurée de 1979 à 1988 par la direction régionale des affaires culturelles POITOU-CHARENTES sous la houlette de Philippe OUDIN. Le coût général des travaux s'est élevé à 760000 Euros dont 1/3 de participation par la commune aidée d’un mécène. A l'intérieur de l'église des panneaux retracent les différentes étapes de la restauration et des découvertes archéologiques lors des fouilles pour ramener le sol à son niveau originel. L'acoustique de cette église est remarquable surtout lorsque le groupe vocal de SAINTES dirigé par Jean-Philippe ALIX : " Chanter Ensemble " y donne la voix en interprétant leur spécialité de chants sacrés .

 

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Aux alentours de SAINT SORNIN

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A visiter aux alentours de SAINT SORNIN:

  • La Tour de Broue· à  Saint-Sornin

  • L'église de St SYMPHORIEN à 4 km (voir  dans l'ART ROMAN en SAINTONGE)
  • Nieuille sur seudre et ses gabirotes dans les marais (le complexe école, mairie et temple)
  • Le moulin à marée des LOGES à St Just

    Renseignements:

    Moulin des Loges (juin à septembre)

    tél. 05 46 47 35 77

  • ROCHEFORT (à 19 Km ) : La corderie royale, le chantier de l'Hermione, La maison de Pierre LOTI, la place COLBERT et les musées...
  • Le Fort Louvois (ou Chapus) à Bourcefranc (à 16 Km de Saint-Sornin) (voir  dans Belle SAINTONGE)

BROUAGE (à 12 Km ) un must (voir le diaporama dans Belle SAINTONGE)
 Autres sites Internet sur la TOUR de BROUE et alentours:

http://www.richesheures.net/epoque-6-15/chateau/17broue-historique.htm
http://perso.orange.fr/ym.piel/broue.html  
http://seucaj.ifrance.com/broue.htm  Histoire

Ballades à pieds autour de Saint SORNIN:

La tour de BROUE:
Une motte féodale oblongue surélève l'îlot naturel. Il ne reste du donjon que le petit coté nord-ouest long de 15,1 m et haut de 20 mètres. (la tour faisait 15,1x21,5.) Épais de 2,75 m les murs sont armés de petits contreforts large de 0,60 et saillants de 0,30 m sur toute la hauteur, on en voit cinq sur le petit coté, ils sont en pierre de taille à joints fins de mortier rougeâtre. (le sable de Cadeuil comporte encore des veines rouges).
Le donjon avait trois étages de plancher, au premier subsiste une belle cheminée encadrée de colonnettes.
Le donjon était protégé d'un fossé sec, puis par une chemise de 7 m de haut.
La première mention date de 1047 .
La vue sur les marais ou paissent des chevaux est splendide.


La Mauvinière ancienne ferme 
Le lieu de la Mauvinière est anobli en 1610 et appartient aux Mathieu puis aux Ancelin. Joël Ancelin entreprend vers 1675 d'importants travaux, perturbés par son décès, comme le montrent le millésime 1676 et le rébus qui l'accompagne, gravés sur le linteau de la porte piétonne de l'ancien pavillon porche. Le domaine de la Mauvinière est formé de dépendances formant un U et enserrant une cour. Le logis du XIXe s. possède une cheminée décorée aux armes des Ancelin. Dans la cour se trouve une belle fontaine du XVIIe siècle.
Le propriétaire qui restaurait cette ferme de son vivant recevait les folkeux la journée du patrimoine et nous l'appelions affectueusement monsieur le Marquis..
La Massonne ancienne ferme fortifiée
Roselyne Bénier-Coutant et Jean-Michel Bénier ont  protégé l'espace naturel remarquable de leur propriété (les sentiers sont balisés) de La Massonne en la plaçant sous le statut de Réserve naturelle régionale. Ils y font ainsi rimer art et nature.
Jean-Michel Bénier peint et  écrit.

Anciens fours à chaux  le long des anciennes falaises de la Gripperie
Et bien sur les marais ... chevaux, cygnes et cigognes ...

Un livre de 1896 réédité en 2004 sur l'histoire de "Saint SORNIN, NIEULLE, BROUE et les isles de Marennes"

le livre reédité


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FIN maj: sept 2011